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La lessive.1.Les jours de lessive… Les techniques de lavage
La lessive.2.Culture du linge et innovations lessivielles
La lessive.3.Lavoirs, laveuses & lavandières
La lessive.4.Les blanchisseuses à Paris
La lessive.5.Les lavoirs parisiens - localisation et anecdotes
Les blanchisseuses à Paris
 
Le blanchissage du linge à Paris

Jusqu'au XVIIIème siècle, le linge parisien se blanchit dans les faubourgs Saint-Marcel et dans le quartier des Gobelins.

 
 
Jean Siméon CHARDIN : "La blanchisseuse"  1735

D’autre part, dès le début du XVIIIème siècle, les blanchisseuses disposent de petits bateaux et l’obligation de laver dans des bateaux spéciaux s’étend.
On construit alors des bateaux selles, plats et couverts, dont les bords sont garnis de tablettes. Les propriétaires des bateaux perçoivent une taxe de quatre sous par personne, plus un sou de location pour l’indispensable baquet.
Petit à petit, le métier s’organise et les premiers entrepreneurs s’installent, notamment sur les berges de la Seine à Paris. Moyennant un salaire mensuel, ils blanchissent chaque jour le linge des grandes maisons qui les emploient.
Par mesure d'hygiène, un édit du 26 février 1732 interdit « à tous les blanchisseurs de lessive de continuer leur blanchissage dans le lit de la Bièvre, au-dessus de la Manufacture Royale [des Gobelins] et du clos Payen ». Les blanchisseurs se transportent extra-muros et s'installent à Gentilly, Arcueil et Cachan. En 1837 on compte 113 blanchisseries à Gentilly. La Bièvre commence à n'être plus qu'un égout à ciel ouvert.
Le développement de l’hygiène et des soins de propreté, la réduction du temps de travail (loi du 30 mars 1900) entraînent un énorme développement de la profession.  [...] En 1900, les patrons blanchisseurs d'Arcueil-Cachan fondent avec ceux de Gentilly, Bourg-la-Reine, Bagneux, l'Hay-les-Roses et Antony, le Syndicat des Patrons-Blanchisseurs d'Arcueil-Cachan.
A  Boulogne, près de Paris, où l'eau est réputée très peu calcaire, on creuse des trous dans la berge de la Seine. Les blanchisseuses descendues dedans, ont le linge posé sur le sol, juste à la bonne hauteur pour le laver.
L'Illustration, en mars 1874, publie un dessin montrant le marché aux blanchisseuses dans la rue aux Ours, où celles-ci vont chercher du travail.
Les ouvrières blanchisseuses, à l’exception de celles employées dans la grande industrie et les vastes établissements, travaillent en général pour deux ou trois patrons. Elles touchent un salaire, plus le droit au lavage gratuit de leur linge personnel et de celui de leur famille. Les hommes, très minoritaires, sont presque exclusivement employés comme garçons de lavoir, livreurs ou attachés à des travaux mécaniques trop durs pour les femmes.
Les ateliers de petite blanchisserie sont insalubres, au rez-de-chaussée, dans des ruelles où l’air ne pénètre jamais. Les buanderies sont uniquement aérées par la porte, le linge blanchi bouchant les fenêtres. La vapeur qui se dégage des fers chauffés au charbon de bois et au gaz pollue l’air de ces bouges étroits et encombrés. La législation visant à améliorer les conditions de travail reste mal appliquée.
Il faut du courage pour accomplir, par tous les temps et dix heures par jour, en bord de Seine ou à la buanderie, ce labeur consistant à battre le linge, à le tremper, le tordre, le savonner, l'essorer, le plier. Le seul moment de détente est l'heure de la collation, vers 3 heures et demie ou 4 heures de l'après-midi, lorsque la patronne offre aux laveuses le verre de vin ou le café. Mais le linge doit être prêt si l'on veut conserver
sa place. Une place qu'il faut payer 5 centimes de l'heure et qui rapporte de 3 F à 4 F par jour.
On travaille de très longues heures, six jours sur sept, sans congés payés, retraites ou congés maladies. Le travail des blanchisseuses et garçons de lavoirs est très physique. Celles qui pratiquent ce travail deviennent rarement centenaires. Très tôt, elles souffrent de rhumatismes, occasionnés par l'eau glaciale, ou de pleurésie, provoquée par les courants d'air. Les buandières meurent à 50 ou 60 ans, quelquefois plus jeunes, épuisées par l'effort
ou rongées par l'alcool.
L’alcoolisme constitue un grand fléau : les trois quarts des ouvriers absorbent régulièrement apéritifs, rhum du matin et absinthe. De nombreux cafés s’installent dans les grands centres de blanchissage. ** cf note Extrait de "les Faits-Divers Illustrés" du 14 janvier 1909.
La profession est par ailleurs éprouvante. "Toute la journée dans un baquet jusqu’à mi-corps, à la pluie, à la neige, avec le vent qui vous coupe la figure ; quand il gèle, c’est tout de même, il faut laver... On a ses jupes toutes mouillées dessus et dessous" écrit V. Hugo dans Les misérables.
En outre, le linge souillé augmente les risques de tuberculose, ce fléau du siècle.
La tuberculose est responsable de plus de la moitié des décès chez les blanchisseuses et repasseuses contaminées par le linge, rarement désinfecté à son arrivée. Les lésions de la peau, dues à l’emploi de lessives corrosives, les lombalgies, les varices, les accouchements prématurés sont le lot commun de ces femmes qui portent des charges trop lourdes et travaillent sans cesse debout.
Le danger est tel que, en 1905, l'Administration estime nécessaire d'intervenir dans les lingeries industrielles, pour sauvegarder tant la santé du public que celle des blanchisseuses.
Déjà, le transport en vrac du linge sale dans les trains de voyageurs, qui se faisait sans précaution aucune, est interdit. Désormais, ce linge ne pourra être introduit dans les ateliers qu'enfermé dans des sacs soigneusement clos. Avant tout triage et toute manipulation, le linge devra être désinfecté, en particulier celui en provenance des hôpitaux. Les ouvrières devront être pourvues de surtouts de protection et seront tenues de se laver à chaque sortie de l'atelier. Enfin, il leur sera interdit de consommer un quelconque aliment ou une quelconque boisson dans les ateliers de linge sale...
  Un rapport de la chambre syndicale des blanchisseurs, adressé vers 1880 au ministère de l'intérieur, évalue à 104 000 personnes la population que le blanchissage fait vivre à Paris. Il y a, parmi elles, 94 000 femmes et 10 000 hommes, soit presque 10 femmes pour un homme.    
Au début du XXème siècle, l’entretien du linge de la capitale occupe 35 000 personnes à Paris et 25 000 en banlieue, dont une majorité de femmes.
 
La corporation des blanchisseuses
  Autrefois, les corporations féminines étaient le seul cadre où les femmes échappaient à la lourde tutelle masculine.
La corporation des blanchisseuses est très importante, non seulement en nombre, mais aussi par sa présence quotidienne dans la rue. Car elles lavent mais aussi livrent le linge. Voir ainsi passer de nombreuses femmes et jeunes filles seules transportant du linge fait rêver plus d'un homme sur leur passage. Le linge transporté, entre autres, permet de les identifier. En 1868, Adrien Marx, pour Le Petit Journal parle de blanchisseuses :
  « Vous avez certainement remarqué, comme moi, les voitures de blanchisseuses que la banlieue nous expédie tous les jours et qu'on voit stationner à Paris devant la porte des maisons. Ce sont, pour la plupart, d'énormes carrioles à deux roues recouvertes d'une bâche qui protège les paquets de linge contre les intempéries de l'air. Le cheval qui traîne cette cargaison immaculée est généralement dirigé dans les rues par une grosse femme dont les façons sont légèrement brusques... Observez la commère, lorsqu'elle ravive par un coup de fouet l'énergie défaillante de son vieux bidet. Ses traits se contractent, son visage prend une physionomie virile, et sa bouche lâche un Hue ! qui fait trembler les vitres d'alentour. Eh bien ! Ne vous y trompez pas : ces luronnes sont presque toutes d'excellentes mères de famille cachant sous la rudesse de leur allure des sentiments exquis, un cœur d'or et de précieuses qualités, dont beaucoup de belles dames sont dépourvues, Elles ne craignent pas, j'en conviens, de laisser voir leurs chevilles empâtées quand elles quittent ou gravissent le haut marchepied de leurs carrosses. La peau de leurs bras hâlée par le grand air et les vagues du fleuve n'a aucune analogie avec le satin, et leurs doigts macérés dans l'eau de savon manquent de la distinction et de la grâce, inhérentes aux mains des duchesses. Mais les blanchisseuses de la campagne ont d'autres avantages... »
  Octave Uzanne, dans  « Parisiennes de ce temps », ouvrage paru en 1900, parle de la dure vie des femmes de lavoir,
« située au plus bas degré de la corporation. (...) Le lavoir où elle se casse les reins, ployée en deux, à rincer à grands coups de chien, à taper à larges coups de battoir le linge étuvé, est un vaste hangar, ouvert à tous les vents, où en toute saison elle vit, les bras plongés dans l'eau, suant et grelottant à la fois, tant elle met d'action à tremper, couler, savonner, frotter, essorer, sécher et plier la marchandise ».
C'était un métier de maîtresses femmes, de femmes fortes, courageuses et costaudes. C'était un métier de « fortes en gueule ».
Elles avaient même la réputation d'être de sacrées buveuses, si l'on en croit Octave Uzanne : « La femme de lavoir ne supporterait pas cette existence enragée si elle ne buvait ; l'alcool la brûle et la soutient. C'est une pocharde terrible, et elle ne sort guère d'un état de demi-ébriété furibonde. » Uzanne poursuit son étude de mœurs et reconnaît en elles des dames plutôt dévergondées, ce qui n'était pas sans déplaire aux hommes. Elles battaient la mesure à grands coups de battoir. Les langues y étaient aussi agiles que les bras qui lavaient. Elles maniaient le cancan aussi sûrement que la brosse. Et, les crêpages de chignon n'étaient pas rares. Témoin la scène racontée par Zola, cette bagarre mémorable entre une Gervaise offusquée et une dénommée Virginie, jolie fille impudente, dont la sœur venait de conquérir Lantier, l'amant de Gervaise. Commencée à coups de seau d'eau, l'échauffourée se termina par une retentissante fessée administrée par Gervaise sur le derrière rebondissant de Virginie.

 

  De condition très modeste, ces ouvrières et ouvriers sont des personnes énergiques, faisant un travail physique et aimant bien s'amuser ; car la vie des blanchisseuses et des rares hommes présents dans les blanchisseries, garçons de lavoirs qui portent l'eau et patrons, ne comporte guère de loisirs.
Or, la Mi Carême (jadis aussi la fête des débitants de charbon et des porteurs d'eau) est une grande fête féminine. Qui plus est, populaire. L’importante corporation des blanchisseuses va l’organiser.
Une fois par an donc, la Mi Carême, qui fait partie de la grande fête populaire du Carnaval de Paris, sera la journée des blanchisseuses.
Lieux de travail pénible, les Halles, lavoirs et marchés deviennent pour elles, lieux de liberté en ce jour de fête et de congé. En 1868, Timothée Trimm appelle la Reine du lavoir, « souveraine du battoir» et une coupure de presse du 26 mars 1870, conservée dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, appelle la fête des blanchisseuses « la fête des battoirs ».
En 1868, Timothée Trimm appelle la Reine du lavoir, « souveraine du battoir» et une coupure de presse du 26 mars 1870, conservée dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, appelle la fête des blanchisseuses « la fête des battoirs ».
Ce jour-là, comme l'écrit Le Constitutionnel en 1846, les blanchisseuses élisent leur reine dans chaque grand lavoir, et vont ensuite à l'église, vêtues de blanc. Aux blanchisseuses de Paris, viennent se joindre celles de la banlieue, que l'on voit arriver par toutes les barrières avoisinant la Seine, vêtues de blanc aussi, et voiturées dans les charrettes de leurs patron.
 
La Fête des blanchisseuses
 
  Fête, féminine et populaire, [...] des femmes prennent le temps de vivre, s'amusent entre elles, chantent, dansent, boivent, festoient, se costument, élisent des reines, y ajoutent des rois et défilent. À cette époque, c'est le seul moment où des femmes françaises votent (elles n'ont acquis le droit de vote qu'en 1945). Des milliers de femmes élisent des centaines de reines, des centaines de milliers mettent toute la ville en fête ; c'est "juste" cela, la Mi Carême. Toutes les blanchisseuses votent, sont éligibles, y compris les plus jeunes.
  Elles élisent des reines de lavoir ou bateau-lavoir et une reine de toutes les blanchisseuses. La fête a lieu au lavoir ou au bateau-lavoir et dure jusqu’au soir. Le défilé des Reines et le cortège de la Reine de toutes les blanchisseuses avaient une dimension très importante dans la vie festive parisienne.
A partir de 1891, le président de la chambre syndicale des maîtres de lavoirs, M Morel, souhaitant sans doute également calmer la pression des femmes qui veulent plus de droit prend  l'initiative de fédérer les cortèges des employées des lavoirs parisiens ;
Les maîtres de lavoirs, des hommes essentiellement (excepté une certaine Mme Massot, présidente de l'association  la Renaissance des Halles, seuls des hommes dirigeaient les halles et marchés parisiens), vont priver les femmes, les blanchisseuses, de leur fête en substituant à une liesse populaire, une fête de prestige, un spectacle de rue. Le prétexte invoqué – comme toujours en pareil cas les adversaires avancent masqués – sera l'efficacité et l'amélioration de la fête. Il y aura aussi l'argent, grâce auquel on récompensera, on fera plus beau, etc. Et aussi le mensonge, qui consiste à dire que la chose qu'on veut organiser c'est la même fête « améliorée ». Le nom est le même, le conserver est rentable, incontournable, mais le but est différent. Ce n'est plus une fête c'est un spectacle. La création d'un somptueux char de parade accompagné par une escorte de prestige et d'un manteau de cérémonie pour la Reine des Reines (qui remplace la reine de toutes les blanchisseuses) participera de cette prise de contrôle de la Fête des Blanchisseuses par les maîtres de lavoirs. Le manteau, d'ailleurs, semble être toujours resté la propriété des organisateurs et non de la Reine des Reines. C'est ce qui paraît ressortir à la lumière d'un procès survenu en 1914 : la Reine des Reines ayant choisi de conserver son manteau en vue de le porter par la suite à son mariage, les organisateurs de l'époque – le Comité des Fêtes de Paris, – poursuivent la jeune fille en justice pour le récupérer ; finalement, ils perdent leur procès.
Dans les années qui suivirent 1891, une rivalité éclata entre dirigeants des lavoirs, halles et marchés parisiens qui s'emparèrent de la fête à partir de 1895. Puis ils furent éliminés par le commerce parisien, représenté par le Comité des fêtes de Paris (organisme privé) qui leur succéda en 1903. 
Le 24 mars 1892, la reine des reines se nomme Henriette Delabarre.
Elle a été élue par les autres reines, au scrutin et au premier tour, par une trentaine de souveraines de lavoir qui ont donné aux membres du parlement une leçon de justice en s'inclinant devant la grâce, devant la beauté de leur compagne. Mlle Delabarre a seize ans. Blonde, la taille élancée, très aimable, très enjouée, elle fera, dans sa riche parure d'un jour, grand honneur à sa corporation, et tout Paris s'apprête à lui faire cortège.
 Elle habite rue des Trois-Couronnes et travaille avec sa mère, reine aussi jadis, et sa jeune sœur au lavoir Moderne de la rue Oberkampf. [...]
Il arrive également que l’on favorise les occasions de concurrence au prétexte d’honorer les blanchisseuses : c’est ainsi, par exemple, que pour une cavalcade organisée à Boulogne-sur-Seine le 1er juin 1913, est élue le 4 mai qui précède une Reine des Reines des 6000 blanchisseuses de la ville. [...]
   Le Comité des fêtes de Paris, à partir de 1921, se révèle incapable de gérer ce qui reste de la fête des blanchisseuses. Il discute même de l'idée de déplacer la Mi Carême à un autre moment de l'année situé en dehors de la période traditionnelle et où le temps serait plus doux. Après diverses innovations douteuses, la fête disparaît dans les années 1930.  
Après la Grande Guerre, l’aventure redémarre très vite. Mais une crise frappe le comité organisateur qui s’éloigne de plus en plus de la tradition entraînant l’essoufflement progressif de la fête. Elle disparaît dans les années 1930, même si défilent encore un très grand cortège en mars 1946 et des cortèges d'enfants sur les Champs-Elysées, dans les années 1950 et jusqu'en 1960.
 
Sources :  Wikipedia : Mi-Carême au Carnaval de Paris
                               Reines du Carnaval de Paris
                              Le marché aux blanchisseuses dans la rue aux Ours, Paris 1874
               Les métiers d’autrefois, de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean, Archives et Culture.
               Les lavandières : traditions, rites et superstitions
               reproduction (texte & document), d’un passage publié sur le site  L’histoire-en-questions
**14 janvier 1909 - Ce jour là, le journal hebdomadaire "les Faits-Divers Illustrés" relate un fait divers qui n'est pas sans rappeler la bagarre qui opposa Gervaise à une sa rivale dans le roman de Zola "L'Assommoir".
"Un drame, causé par l'ivresse, a eu pour théâtre le lavoir Balcan, situé au numéro 11 de la rue Labat, au fond de Montmartre, près de la rue Custine et de la rue De Clignancourt. Ce lavoir, dont on parla beaucoup naguère parce qu'il fut détruit par un incendie, est dirigé par M. Georges Balcan qui a son domicile 83 boulevard Barbès.
M. Balcan était occupé à divers travaux dans son lavoir, lorsque le nommé J. Raibaut, âgé de cinquante-un ans, qui gère une cantine dans l'immeuble même où est situé le lavoir, voulut pénétrer dans l'endroit où sont occupées les laveuses.
Mais en raison de son état d'ébriété, M. Balcan lui donna l'ordre de se retirer. Furieux, le cantinier fit semblant de s'en aller ; en réalité, il rentra dans sa cantine où il prit un énorme couteau de cuisine et, se précipita sur M. Balcan, le frappa d'un violent coup de son arme.
Le propriétaire du lavoir poussa un cri terrible et tomba sur le sol, inanimé, atteint d'une profonde blessure à l'omoplate droite.
Les laveuses et plusieurs voisins se précipitèrent sur le meurtrier et l'accablèrent de coups. Les laveuses surtout, se servant de leurs battoirs, mirent le cantinier en facheux état, sa figure ne formait plus qu'une plaie.
Les inspecteur de police, Cousseau et Hietrich, avec les agents Berson et Marc Aubert, empëchèrent la foule d'écharper complètement le meurtrier et le conduisirent au commissariat de M. Dumas.
Pendant ce temps, M. Balcan reçevait des soins dans une pharmacie voisine, son état est grave. Le docteur Moison, médecin légiste, a été chargé de dresser un rapport.
Quant au meurtrier, interrogé par le distingué commissaire de police de la rue Lambert, il répondit simplement qu'il ne s'expliquait pas de son attentat, n'ayant rien contre M. Balcan. Il a été envoyé au dépôt toujours ivre."
 
Le repassage

              

 

Le repassage consiste à lisser une pièce de tissu, généralement les vêtements et le linge de maison venant d'être lavés, afin d'en retirer les plis. L'outil utilisé est appelé fer à repasser, bien que de nos jours, celui-ci ne soit plus constitué de fer.
Techniquement, le repassage défait les liens entre les longues molécules de polymère des fibres du tissu. Les molécules chauffées sont redressées par le poids du fer puis prennent leur nouvelle forme en refroidissant. Certains tissus, tel le coton, exigent un apport d'eau afin que les liens intermoléculaires se défassent. Beaucoup de tissus modernes (à partir de la deuxième moitié du XXème siècle) sont censés ne nécessiter qu'un simple coup de fer ou pas de repassage du tout.
À partir du XVIIème siècle, en Europe, on commence à employer des outils en fonte de forme triangulaire et munis d'une poignée que l'on chauffe dans un feu. Par la suite, on utilisa une boîte en fer remplie de charbons chauds périodiquement aérés à l'aide d'un soufflet attaché. Ce type de fer était en vente aux États-Unis au moins jusqu'en 1902.
 
 Lingère-repasseuse
La condition de lingère-repasseuse n'a rien à voir avec celle de buandière. Souvent fine et jeune, la repasseuse fait un travail propre et délicat qui la rend proche de la cousette. Pourtant, le maniement du fer à repasser est un labeur pénible et peu rémunéré. Mais, déjà, se profile son remplacement par la machine à repasser. Fabriquée en France, une machine d'origine américaine permet de repasser, au besoin de glacer et d'apprêter les devants de chemises. On peut lire dans la revue la Nature du 27 juin 1903 que cet appareil est à même de répondre non seulement aux besoins du blanchisseur ordinaire, mais aussi à ceux du blanchisseur de luxe qui doit satisfaire aux exigences d'une clientèle mondaine


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