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LEXICOLOGIE
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Le patois briard - expressions : compilation quasi intégrale de la publication :
 Le Patois briard : Tournures de phrases
recherche lexicale effectuée par Ghislain Simonnet, auteur du site
Soisy-Bouy
 
   NB : des ajout personnels ont été précédés du sigle +

A
A cause, A cause don : pourquoi, pourquoi donc ?
A cause qué : parce que. I' m'en veut à cause qué j'é fé ça.
A c'matin, à c'soère : ce matin, ce soir.
A c't'heure et aussi : à présent , maintenant.
Aller aux champs (en parlant de bestiaux, vaches ou moutons) : les mener paître et les garder.
Aller avec : être fiancé ou en relation d'amour ; c'té garçon-là et c'té fille von' ensenble
Aller de grand : faire de grands frais : I'va rudement d'grand; ça n'dur'ra pas. cA rapprocher de "Faire son grand".
Aller en masques : prendre un déguisement et courir les rues ainsi, ou aller à un bal masqué.
A part ça : malgré cela, cependant.
Aujourd'hui pour demain : d'un moment à l'autre, à l'improviste.
Autant comme autant : en grande quantité, de plus en plus ; Autant comme autant en i'en donnera, autant il en mangera.
Avoir de l'agrément, avoir du plaisir, s'amuser, jouer.
Avoir le fil ou du fil : être adroit, avoir de la finesse.
Avoir mais que : n'avoir plus que.
Avoir pas mais tout plein : ne plus avoir beaucoup. I'a pas mais tout plein d'argent à la méson. [mais, ici, à valeur de "sauf"].
Avoir sort à, n'avoir sort qu'à : être absorbé. I'n'a sort qu'à son ouvrage.
Avoir un feu de (femme) veuve : un feu d'âtre peu ardent, mal entretenu.

B
Battre le chien devant le loup : se dit d'une personne racontant un fait gênant pour elle, avant qu'il ne soit divulgué, en                                                     l'expliquant à son avantage.
Bête comme chou : chose très simple à laquelle on attache trop d'importance : C'té prétendu invention, c'ée bête comme chou.
Bon sang ! : exclamation d'étonnement, de contrariété, et quelque fois de contentement.

C
Cadet : Il y a encore.peu, (un peu plus d'un demi-siècle), dans la Brie et plus particulièrement dans les cantons touchant au département de la Marne, l'usage était constant de désigner le fils aîné par son nom de famille sans adjonction de son prénom (y compris par les parents mêmes) ; ex : Boulard.
La fille aînée portait le nom de famille mis au féminin : c'était Boularde, ou Béjoute (fille de Béjou).  
Le second fils portait aussi ce nom, mais précédé du mot Cadet ; ex : Cadet Boulard. 
Les autres fils se distinguaient par leurs prénoms. 
Cet usage se perd aujourd'hui ; seules les personnes très âgées conservent ces appellation.

Dans la Marne, le quatrième fils s'appelait autrefois "Doudou"; ex : Doudou Boulard. Le cinquième fils était "Lolhomme". 
Ces deux énoncés hypocoristiques sont à rapprocher du terme de " nono" par lequel, en Brie, on désigne familièrement un jeune enfant. Mon petit nono.

C'est bien d'hasard que : il est certain que. c'ée ben d'hasard qu'il ira à Provins.
C'est bien d'hasard si : cela serait surprenant si... c'ée ben d'hasard si y allait.
C'est pas d'à moi (d'à lui), c'est d'à toi (d'à eux) : ce n'est pas à moi, c'est à toi etc..
C'est pas d'é'r'fus : consentir, accepter une offre.
C'est-y ? : est-ce ? : c'ée-t-'y toi qu'a fé ça ?
C'était pas pressé : cela était inutile ;cela présentait des inconvénients (expression qui implique un reproche).
C'étant : - 1 C'étant ! exclamatif : ce n'est pas possible. c'étant en v'la ène affaire.
             - 2 C'étant j'irai : dans ce cas [ou alors - ou puisque c'est ainsi], j'irai.
             - 3 C'étant négatif : implique une réprobation, un mécontentement. C'étant j'irai pas nà ! 
Claque, (recevoir une claque) [au moral] : recevoir un affront mérité. Il a r'çu ène claque qu'i n'a pas volée.
Claquer du bec : avoir faim.
Conséquent : important (ou de grande valeur). [emploi impropre mais très courant]
Contre : auprès, à côté : I's'trouve contre el bois (à côté du bois).
Corvée (faire une corvée) : effectuer un dérangement inutile, un travail sans profit.

Couci-couça : Comme-ci, comme ça.
Coûter chaud : coûter cher. Al a un manteau qu'a dû coûter chaud à son homme.

D
Donc : placé en français au milieu d'une phrase, est énoncé, en patois, à la fin.[prononcé "don"]. c'ée pas lui qu'à parti don ?

E
égaud (à l’) : locution adverbiale = à l’abri  cf Larousse [7 vol. édit.1880]
égaud (à l’) : : loc. adv. (é-gô) de patois. Pour se mettre à l'abri. cf Littré « Et, comme ils passaient devant un vaste hangar qui contenait des bourrées : - - " Si nous nous mettions dessous, à l’égaud?" Il feignit de ne pas comprendre ce mot de patois, et même la  taquina sur son accent [à Nogent-sur-Seine]. (Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale, II, page 15 ). ÉTYMOLOGIE : Bourguig. à l'écaud, à l'écau, à l'éco, à l'abri. Origine inconnue.  

En avoir pour une sonnette : avoir à débourser une grosse somme d'argent (pour un travail, une acquisition ou tout autre motif).
En chemin faisant : pendant qu'on est là ou que l'on va quelque part.
Si vous allez à Provins, en ch'min fésant, faites-moi ène commission.
En d'ici : en deçà, de ce côté-ci.

En d'par là (ou bien : d'l'aute coûté) : au delà
. La méson ée en d'ici et l'moulin ée en d'par là; l'jardin ée enco d'l'aute coûté.
En mener large : faire de grosses dépenses, mener grand train.

(N') En mener pas large : avoir peur.

Ensuite : (est remplacé toujours par les mots) après et après ça.
Va à Provins, tu r'viendras après ; travail, après ça tu joueras.
Envoyer des poires d'engoule à quelqu'un : parler par allusions ou insinuations pour blesser son interlocuteur.

Et pis : ainsi que.
j'suis parti à Paris et lui aussi et pis j'sons r'venus ensembe.Et (conjonction de coordination, n'est jamais prononcée seule).
Etre bien rencontré : avoir fait un heureux mariage, avoir embauché un bon serviteur, avoir acheté un bon cheval.

F
Faire son grand : être fier, orgueilleux ; se croire supérieur aux gens de sa propre condition sociale.

G
Garder une poire pour sa soif : faire des économies pour les besoins à venir.

I
I'a pas presse : il ne faut pas courir de risques en se chargeant de certaine besogne. I'a pas presse à aller séparer ces individus en                                   train dé s'batte. La locution peut aussi indiquer un empêchement. I'a pas presse qué j'alle mé prom'ner, j'é trop d'ouvrage.
I'en a mais que : il n'y en a plus.
I'en a pas pou sa creuse dent : il y en a trop peu, insuffisamment pour apaiser sa faim.
I'en manque bien : il n'y en a pas beaucoup. Dé pommes c't'année ? I'en manque ben.

J
J'compte : je crois, je pense, ou j'espère. j'compte qu'il va pleuvouère.
J'sais beaucoup : j'ignore ce dont il est question. j'sé beaucoup moi si c'ée vrai.

L
Là voû qu'c'est ; Par là voû qu'c'est ; La voû qui va? : Où est-ce ? De quel côté est-ce ? Où va-t-il ?
Le temps n'est pas à la malice : le beau temps va continuer bien que le ciel soit nuageux et la pluie menaçante.

M            
Maladie ! ou (Ah, Maladie!) : exclamation de regrets, de désespoir ou de désapprobation :Ah, maladie! quoi-qu't'as fé là ?
Malin comme un culard :être très malicieux, très espiègle.
Manger son pain blanc en premier : soit, avoir eu une situation plus enviable antérieurement à celle que l'on connaît ou que                                 l'on aurait pu connaître, soit augurer de la dégradation d'une situation pour cause de dissipations avérées.
Marcher sur sa longe : renier la parole donnée, se rétracter ou bien reconnaître son erreur et chercher à la pallier.
                                + s'embarrasser dans les mesures qu'on prend, dans les discours qu'on tient(Dictionnaire de l'académie Françoise)

Mettre coeur sur carreau : vomir. I' conné pas sa suffisance en mangeant, c'ée pou quoi qu'i met souvent coeur su' carreau.


P
Parler à vide comme à charge : parler à tort et à travers, mais surtout pour médire inconsidérément du prochain.
Partout : adverbe toujours précédé du mot tout : En l'rencontre tout partout dans lée rues.
Pas mais beaucoup ou Pas mais tout plein : très peu, plus gère. Faura batte dé l'avouène (avoine) i'en a pas mais tout plein pou'lée ch'vaux.
Passer devant le nez : exprimer un espoir déçu. Il espéré hériter, ça i'a passé d'vant l'nez, c'ée én'aute qui l'a évu.

Passer quinte pour quatorze : ne pas se formaliser d'un affront, d'une injustice pour ne pas se fâcher avec son auteur ; faire des concessions dans une affaire.
Penser que non (exclamation) : ce n'est pas possible. Pensé qu'non qu'i n'a pas fé ène bêtise pareille !
Penser que oui : assurément. Pensé qu'oui qu'il ira.
Perdre sa Grégnote, voir Grégnote dans le glossaire.
Point aise : sans précipitation, en prenant le temps (on prononce poin'aise).
Point en tout (prononcé poin'en tout) : aucun, pas du tout (expression particulière à l'est de la Brie et dans les dépts voisins, Aube et Marne).
Prendre au droit de soi : prendre la part qui revient de droit à chacun dans un héritage, un partage ou une vente en commun.
Prendre pierre pour marteau : interpréter les choses dans un sens contraire à leur sens véritable ; avoir l'esprit peu délié, l'intelligence peu développée.
Prendre son courage à deux mains : ne pas se rebuter devant une grande difficulté et persévérer pour la vaincre.

 Q
Qué d'toi (ou d'vous ) : à ta place (ou à la vôtre)Si j'étais qué d'toi ( ou d'vous )  = si j'étais à ta place.
Qui qu'c'est qu'c'est et qui qu'c'est ça, au lieu de qui est-ce ?
Quoi qu'c'est qu'c'est, pour qu'est-ce ?
Quoi qu'c'est qu'i'a, pour qu'y a-t-il ?
Quoi qu'c'est qu'tu veux, pour que veux-tu ?
Quoi qu'c'est qu'c'est que tu veux, pour qu'est-ce que tu veux ?
Quoique c'est qu'vous allez faire, pour qu'allez-vous faire ?

R
Remettre quelqu'un dans son bon chemin : donner de bons conseils à un dévoyé ; consoler une personne accablée de chagrin; donner de l'espérance à une personne découragée.
Remonter sur sa bête : reprendre des forces ; recouvrer la santé après une grave maladie.

S
Se lever, Se jeter de grand : agir ainsi par un mouvement brusque, d'une seule pièce, comme par surprise.

S' mettre à l'égaud : Se mettre à l'égaud ou S'égauder. [égaud = abri].
                            Se mettre à l'abri du vent ou de la pluie, mais principalement du vent.
                               [Contre la pluie, on dit : se mettre à l'ébri]   

Se parler est une expression qui s'applique à un paysan affectant de parler un français correct, alors qu'il en est incapable et fait des cuirs : C'mossieu, ça veut s'parler, comme si c'était pas in campagnard ! En sé ben d'là voù qu'i sôrt !
Se souvenir beaucoup : ne pas se rappeler, avoir oublié. I's'souvient beaucoup là voù qui l'a perdu.
Seul [ toujours précédé du mot tout]. Il ée resté tout seul. Au féminin, on dit indifféremment : La femme est tout seule, ou toute seule. 
       Au pluriel, la prononciation est la même qu'au singulier pour chacun des deux genres : Les hommes sont tout seuls ; les femmes           sont tout seules ou toutes seules = les hommes sont réunis seuls entre eux, ou les femmes sont réunies seules entre elles. 

T
Tanque et tanque (ou bien tanque et plus - prononcé tanqu'et) : tant et plus ; beaucoup ; en grande quantité. Mets du bois dans l'feu tanque et tanque pou' qu'ça chauffe fort, fourre-z'en tanq'et pus.
Tanqu' à : jusqu'à. Iras-tu tanqu'à Provins ? J't'écouteré tanqu'à c'souère.
Taper (se) : ne pas obtenir une chose promise ou espérée. I'croyé hériter d'sa tante, mé i'peut s'taper.
Tirer les vers du nez : réussir adroitement à faire parler quelqu'un d'un sujet qu'il ne voulait pas aborder 
                             ou à lui soutirer des informations qu'il ne voulait pas divulguer.
Tomber du haut mal : avoir des attaques d'épilepsie. 
Tout : accentue la qualité du terme qu'il précède. Du pain tout sec ; il est tout blanc ; tout surpris ; tout chagrin ; tout résolu, etc....
Tout l'temps : continuellement ; toujours. Il ée tout l'temps fourré au cabaret.
Tout plein : beaucoup. I'a tout plein d'pommes c't'année.

V
Va cheux nous : chez nous. Ton gamin, i'joue va cheux nous avé le mien, j'vas l'renvouéyer va cheux vous.
V'là l'chiendent :c'est fâcheux, c'est un cas embarrassant, voilà l'inconvénient.
Voyons voir : pléonasme non spécifique au patois briard.

Y
Y a pas : être dans l'obligation de faire, d'agir malgré un désir contraire.Y a pas, faut y passer.

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